Tu l’as eu ton « certif’ » ?

Cette semaine, dans notre sommaire hebdomadaire de l'activité dans les marchés financiers :

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PERFORMANCES 2020

ActionsObligations
MSCI Monde+0.6%CHF Corp+0.9%
S&P 500+1.3%US Govt+2.0%
Stoxx 600-0.2%US Corp+2.2%
Nikkeï-2.9%US HY+0.2%
SPI+1.4%EUR Gvt+2.3%
Chine-2.3%EUR Corp+1.3%
Emergents-1.5%EUR HY+0.2%
DevisesMatières 1ères
USD index+1.6%Or+4.1%
EURUSD-1.6%Argent-0.6%
EURCHF-1.5%Pétrole-11.7%
USDCHF+0.2%CRB index-7.6%
USDJPY+0.2%
EM FX-2.3%

 

Repose en paix, Paul Volcker

Paul Volcker, nonagénaire, est décédé en décembre dernier. Il est unanimement considéré comme l'un - sinon le - le plus grand banquier central de tous les temps. Il est célèbre pour avoir vaincu l'inflation galopante des années 70 et 80 aux États-Unis.

Par nature, il était plutôt un fonctionnaire conservateur / républicain, ardent défenseur de l'orthodoxie monétaire. Donc, sa nomination en 1979 par J. Carter - pas exactement un politicien de droite - à la tête de la Réserve fédérale, a été une surprise. Cette brillante nomination a fait des merveilles, mais est rarement attribuée au courageux président démocrate.

Malgré une période très turbulente sur le plan politique, Paul Vlocker est resté intangible et a augmenté sans relâche les taux d'intérêt (les fonds fédéraux ont oscillé entre 10% et 17,5% pendant plusieurs années) dans le contexte d'un choc pétrolier (embargo). L’inflation américain a dépassé les 10% pendant des années entre la fin des années 70 et le début des années 80. A partir du milieu des années 80, elle est définitivement retombée en-dessous de 5%.

Volcker a imposé des taux rèels extremement - 03.20.2020

Jusqu'en 1987, Paul Volcker a transcendé et symbolisé l'indépendance de la banque centrale. En effet, il n’a pas - du tout - séduit l’administration suivante de Reagan. Il a été remplacé par Greenspan, plus pragmatique et docile.

Paul Volcker a également toujours été très sceptique sur l'innovation financière et très critique quant à la tentation incessante des banquiers de recourir, excessivement, à l’effet de levier. Malgré son (très) grand âge, il est resté actif au cours de la dernière décennie, en aidant l'administration américaine à faire face aux conséquences de la Grande crise financière (2007/8) et en révisant les réglementations financières / bancaires. Il a en fait mis en place la règle controversée de Volcker, qui, en résumé, limite les risques - compte propres - des banques à un niveau décent et raisonnable, afin de réduire la spéculation et les risques dans le système financier.

Paul Volcker est un banquier central visionnaire, un homme de conviction
Son indépendance totale a contribué à inverser le cercle vicieux de l'économie américaine

 

Quel est l'héritage de Volcker ?

Le paysage économique mondial est très différent depuis une décennie. Nous vivons maintenant dans un monde où l’offre est excédentaire, la demande insuffisante et la désinflation rampante. La croissance potentielle est devenue structurellement plus faible. La population vieillit dans de nombreux pays. Par exemple, la population en âge de travailler va diminuer de 0,4% dans l'UE 17 au cours de la prochaine décennie. C'est également une grave source de préoccupation en Chine.

taux de croissance annuel de la population - 03.02.2020

Le pouvoir de négociation de la main-d'oeuvre s'est effondré et, par conséquent, les salaires ne sont plus une source de préoccupation (grâce à l'automatisation et à la mondialisation). Le risque d’un choc d'inflation, par le pétrole, dû à la rareté a disparu, grâce à la révolution du schiste et la transition vers une énergie propre - non fossile. Les banques américaines sont en bonne forme. Tout semble clair à l’horizon !? Du coup, la règle Volcker fait l'objet d'un siège bipartisan, considérée - par des politiciens complaisants - comme trop contraignante / « émasculante » pour les banques. Elle sera progressivement démantelée, notamment si Trump l'emporte en novembre prochain.

L'orthodoxie de Volker et ses recettes ne permettent pas de rétablir une certaine inflation
La tâche des banquiers centraux nouvellement nommés, comme Powell et Lagarde est immense

Obligations. L’irruption du coronavirus inquiète

Est-ce que le ralentissement dans une partie du monde affectera la croissance dans d'autres pays ou secteurs. L'histoire de l'épidémie du SRAS est celle qui vient à l'esprit. Cela a entraîné une flambée de maladie, des quarantaines et un recul visible du PIB pendant quelques mois. Le SRAS était une maladie relativement rare. A la fin de l'épidémie en juin 2003, l'incidence était de 8422 cas avec un taux de mortalité de 10%. Entre novembre 2002 et juin 2003, le taux à 10 ans US a oscillé entre 4,25% et 3,50% la plupart du temps. Pour l'instant, le coronavirus de Wuhan ne semble pas avoir le même taux de mortalité.

L'autre épisode qui vient à l'esprit est la grippe aviaire asiatique (H1N1) de l'été 2009. Elle n'a jamais créé le choc économique mondial que certains prévoyaient à l'époque. Il est très difficile d'évaluer l'impact de cette grippe sur les marchés financiers, car elle s'est produite dans le sillage de la crise financière. Cependant, à court terme, cet épisode coïncidait avec une baisse de 50pbs du Trésor américain à 10 ans à 3,25% après avoir rebondi sur les 6 premiers mois de l'année de 2,0% à 4,0%.

 

Obligations. Les dettes privées émergentes offrent toujours de la valeur

Le FMI vient de publier ses perspectives mondiales. La croissance mondiale progressera de 2,9% en 2019 à 3,3% en 2020 et 3,4% en 2021 malgré de légères révisions à la baisse. Les incertitudes demeurent. Dans les économies développées, la croissance devrait légèrement ralentir passant de 1,7% en 2019 à 1,6% en 2020 et 2021. Alors que dans les économies émergentes, la croissance devrait passer de 3,7% en 2019 à 4,4% en 2020 et 4,6% en 2021. Les prévisions du FMI ont été revues à la baisse, le principal contributeur négatif devrait être l'Inde tandis que la croissance de la Chine a été révisée à la hausse.

Projections de la croissance du FMI - 03.02.2020

Les économies émergentes représentent désormais plus de la moitié du PIB mondial. Elles affichent une croissance supérieure, alors que leur endettement est nettement inférieur à celui des pays développés à 53% contre 103%. Cette tendance positive sur le front macroéconomique devrait se poursuivre, créant un environnement porteur pour les obligations privées.

Les émetteurs émergents constituent une partie importante de l'univers obligataire. Habituellement, les investissements dans les marchés émergents entraînent des risques plus élevés tels que le risque de liquidité, politique, économique, de crédit, de change ou de marché. Mais avec des fondamentaux solides, les émergents resteront sur une tendance positive en termes de notation. Comme ils ont déjà connu diverses crises, plusieurs pays ont mis en oeuvre des réformes pour soutenir leurs systèmes.

Les obligations privées ont une bonne qualité de leurs fondamentaux. Les gouvernements bénéficient à plein des bons fondamentaux des entreprises, stratégiquement proches des États.

Selon les méthodologies des agences de notation, les entreprises ne peuvent généralement pas avoir une note plus élevée que leurs souverains respectifs, même s'il existe des exceptions lorsque leur siège social se trouve dans un pays développé mieux noté que leur propre marché.

En conséquence, les investisseurs peuvent bénéficier de spreads des sociétés émergentes plus élevés avec des fondamentaux solides. La diversification du nombre d'émetteurs, de secteurs et d'échéances s'est accrue ces dernières années.

Effet de levier des marchés émergents et developpes - 03.02.2020

Compte tenu de leurs fondamentaux, les entreprises émergentes ont un effet de levier moyen de 1,5x (dette nette sur Ebitda), tandis que leurs homologues américains sont à 2,6x. Une comparaison au sein des différents segments de notation révèle que les obligations de sociétés émergentes présentent de meilleurs ratios dans tous les compartiments. Par ailleurs, les émetteurs émergents se sont progressivement désendettés depuis la dernière crise énergétique de 2015/2016.

Spread - 03.02.2020

Les obligations privées émergentes offrent un rendement à l'échéance de 3,9%, pour un spread de 240 pbs, avec une duration à 4,8 et une note moyenne BBB. Les évaluations semblent également attrayantes en termes relatifs. Les spreads émergents, tant investment grade que high yield, offrent une prime attrayante par rapport à leurs homologues développés. Cela est encore plus intéressant car la duration moyenne des marchés développés est plus élevée.

 

Actions. Une consolidation bienvenue

Depuis quelque temps, les indicateurs de sentiment des investisseurs se trouvaient dans des zones d’extrême optimisme et les indices américains étaient surachetés. On souhaitait une consolidation pour diminuer le momentum croissant et complaisant. On attendait l’élément déclencheur négatif, qui aurait pu venir de la macro, des résultats des sociétés, de Trump, de l’Iran, de la dette, du déficit budgétaire US, mais il est venu de Chine avec une extrême rapidité : le coronavirus. La mise en quarantaine de plusieurs villes chinoises aura un impact sur le tourisme et l’activité commerciale, accentué par la période des fêtes de la nouvelle année. La région où se trouve la ville de Wuhan, compte pour 9% de la production nationale de véhicules. Plusieurs sociétés occidentales sont inquiètes comme Rémy Cointreau, McDonalds, Disney, Starbucks ou les compagnies aériennes.

 

Actions. Encore un peu de temps pour Netflix

Netflix a publié des résultats, et une hausse des abonnés à l’international, supérieurs aux attentes, mais les prévisions restent prudentes avec l’arrivée de la concurrence. Disney+ et Apple TV+ ont débarqué en novembre 2019. HBO Max (AT&T) arrivera en mai 2020 et Peacock (Comcast) en juillet 2020. Une bonne nouvelle : le cash-flow libre négatif devrait se réduire en 2020 à $2.5 milliards, après un pic à $3.3 milliards en 2019, venant d’une hausse des profits et non d’une baisse des investissements dans le contenu.

En 2019, le nombre d’abonnés a augmenté de 20% à 167,03 millions (+18.4% en 2018 et +25.4% en 2017) grâce à l’international, réparti à 36% aux US et 64% à l’international dont 31% EMEA, 19% LATAM, 10% APAC et 4% Canada. Pour l’instant, l’histoire de croissance (growth story) reste valide grâce à l’international avec un nombre d’abonnés en hausse de 37% dans la zone Europe-Moyen-Orient-Afrique, 21% en LATAM et 53% en Asie-Pacifique.

Nouveau membres - 03.02.2020

Les résultats 2019 sont très bons : les revenus progressent de 27.6% à $20.16 milliards et le profit net de 54% à $1.87 milliard. La marge d’exploitation passe de 10.1% à 12.9%. Le cash au bilan s’élève à plus de $5 milliards

L’arrivée de Disney+, et dans une moindre mesure, d’Apple TV+ ont affecté la croissance des nouveaux abonnés aux Etats-Unis. Netflix n’a jamais connu une progression aussi faible. Le lancement de Disney+ a été un gros succès.

Cependant, le marché américain est arrivé à maturité et cette tendance est normale. Pour justifier son énorme budget dans la production de contenu, le nombre d’abonnés va devoir croitre à un rythme soutenu à l’international où Netflix profite d’une compétition restreinte, mais Disney+ a décidé d’accélérer son entrée sur les marchés internationaux ; il arrivera en mars sur le Vieux-Continent. La concurrence va devenir mondiale, mais pas tout de suite.

Ensuite, il y a un risque de guerre des prix. Netflix pourrait imaginer d’autres sources de revenus, comme la publicité digitale (démenti par le CEO), mais il entrerait en confrontation avec d’autres géants comme Google, Facebook et Amazon, ou le jeu vidéo.

 

Actions. Hausse des ventes de dispositifs/appareils électroniques (PC, tablettes et smartphones) en 2020 grâce à la 5G

La société de recherche Gartner prévoit une hausse des ventes de 0.9% des dispositifs électroniques en 2020 grâce à la 5G. Cette progression viendra essentiellement du replacement des smartphones 4G pour le standard 5G. Les modèles de smartphones 5G compteront pour 12% des ventes en 2020, 43% en 2022 et plus de 50% en 2023.

Les fabricants de semi-conducteurs confirment cette accélération vers la 5G ; STMicroelectronics confirme que la demande pour les puces mémoire de nouvelle génération accélère – et est supérieure aux estimations - dans les télécoms, les smartphones, les data centers, le cloud, les voitures à faible émission de CO2 et l’automation/robotisation, une tendance validée récemment par Intel, Micron, Texas Instruments et Taiwan Semiconductor Manufacturing.

Investissements par les operateurs mobiles dans le monde - 03.02.2020

 

 

Disclaimer

Ce document est uniquement à titre d’information et en aucun ne peut être utilisé ou considéré comme une offre ou une incitation d'achat ou de vente de valeurs mobilières ou d’autres instruments financiers. Bien que toutes les informations et opinions contenues dans ce document ont été compilés à partir de sources jugées fiables et dignes de foi, aucune représentation ou garantie, expresse ou implicite, n'est faite quant à leur exactitude ou leur exhaustivité. L'analyse contenue dans ce document s’appuie sur de nombreuses hypothèses et différentes hypothèses peuvent entraîner des résultats sensiblement différents. Les performances historiques ne sont nullement représentatives des performances futures. Ce document a été préparé uniquement pour les investisseurs professionnels, qui sont censés prendre leurs propres décisions d'investissement sans se fier indûment à son contenu. Ce document ne peut pas être reproduit, distribué ou publié sans autorisation préalable de PLEION SA.

PERFORMANCES 2020

ActionsObligations
MSCI Monde+2.2%CHF Corp+0.7%
S&P 500+2.8%US Govt+1.0%
Stoxx 600+1.3%US Corp+1.4%
Nikkeï+0.6%US HY+0.7%
SPI+2.4%EUR Gvt+1.1%
Chine-2.3%EUR Corp+1.0%
Emergents+1.7%EUR HY+0.5%
DevisesMatières 1ères
USD index+1.2%Or+2.6%
EURUSD-1.1%Argent-0.8%
EURCHF-1.1%Pétrole-5.9%
USDCHF0.0%CRB index-3.6%
USDJPY+0.9%
EM FX-0.8%

Couverture anti-feu

D’abord homme d'affaires inoxydable ...

Le Times a déclaré, sur la base des transcriptions de l'Internal Revenue Service de ses déclarations de revenus de 1985 à 1994, que les activités principales de Trump avaient enregistré des pertes de plus d'un milliard de dollars en dix ans. En 1990 et 1991, les pertes de Trump « étaient plus du double de celles des autres contribuables les plus malheureux au cours de ces années ». À l'été 1990, trois casinos d'Atlantic City, le Plaza Hotel et la compagnie aérienne Trump Shuttle n'avaient pas pu payer leurs charges intérêts. Certaines des dizaines de banques qui avaient prêté de l'argent à Trump menaçaient de bloquer leurs prêts, ce qui aurait pu provoquer des faillites en cascade, dont celle de Trump personnellement. Les banques ont finalement accepté de le maintenir à flot en accordant plus de 60 millions de dollars de crédit, mais il a été contraint de céder le contrôle de la gestion de son empire, au moins temporairement.

Depuis de nombreuses années, il n'y a pas eu de publication officielle des déclarations de revenus de Trump. Mais Mazars USA, son cabinet d'expertise comptable, a été assigné à comparaître par le Congrès (avril) et le bureau de district de Manhattan (septembre) afin de fournir ses 8 dernières années de déclaration de revenus. La Cour suprême est désormais impliquée dans ces litiges. Trump tente de repousser les limites de l'immunité présidentielle pour éviter sa destitution. L'État de New York a engagé une enquête criminelle contre Trump et le rôle de son entreprise familiale dans les paiements dissimulés effectués pour empêcher plusieurs femmes de communiquer les détails de leurs affaires avec Trump avant les élections de 2016.

Trump n'a pas eu la main de Midas dans les affaires
Pourtant, jusqu'à présent, il a toujours réussi à refaire surface, tel un Phenix

 

.. puis Président-Teflon

L'administration américaine a déclenché plusieurs conflits avec ses alliés et certains autres pays rivaux, sur de nombreux fronts. En géopolitique, la situation au Moyen-Orient et dans la péninsule coréenne s'est sensiblement dégradée ces derniers temps. L'assassinat de Q. Soleimani a été largement interprété comme une décision erratique et méprisable. Néanmoins, il a probablement contribué à établir une ligne rouge avec l'Iran et a envoyé un avertissement à Kim Jong. Les tensions croissantes à Hong Kong et à Taiwan (après les dernières élections) ajouteront à la complexité de la rivalité américano-chinoise.

Mais la dernière trêve commerciale et la fin de la dépréciation du yuan sont une bonne nouvelle à court terme. L'économie américaine se montre résiliente et le marché boursier établi de nouveaux records. Le parti républicain américain est totalement dévoué à Trump et bloquera certainement le processus de destitution. En conséquence, la cote d'approbation de Trump est au plus haut depuis son élection ! Aucun candidat démocrate redoutable n'est apparu jusqu'à présent.
Trump a, sans aucun doute, un art consommé du contre-feu Le bruit croissant de la destitution est peu - voire pas –pertinent

Trends in presidential approval rating

 

Devises. Le GBP demeure sensible aux données macro

Le GBP a monté contre toutes les devises du G10 au T4 2019. Jusqu'à présent cette année, il n'a pas surperformé et est revenu sur ses plus bas de décembre. Ses perspectives de court terme se sont quelque peu détériorées. Plusieurs membres de la Banque d'Angleterre ont semblé plus pessimistes malgré plus de clarté sur le Brexit. Les attentes du marché pour une baisse des taux d'ici le 26 mars sont passées de 15% à 65% de probabilité. Les risques sont orientés à la baisse. Malgré un ton accommodant, il est encore trop tôt pour anticiper des baisses de taux.

Au milieu d'une accalmie temporaire dans l’histoire du Brexit, la BoE attire une fois de plus l'attention des investisseurs. Le GBP a baissé après que le gouverneur de la BoE, Carney, a signalé que la banque débattait des avantages d'un assouplissement à court terme. Un autre membre de la BoE a indiqué que la baisse des taux est plus plausible. Ce changement d'assouplissement n'est pas nouveau car deux membres de la BoE ont voté en faveur de baisses de taux lors des dernières réunions. Dans un monde de taux bas sans précédent, les différentiels de taux ont perdu leur pouvoir explicatif pour les devises. C'est pourquoi le retour de la volatilité sur le GBP offre une bouffée d’oxygène.

GBP vs USD - 23.01.20

Sur le front des taux, les enseignements les plus clairs du discours de Carney sont un appétit très limité pour les taux négatifs. Même s'il part en mars, c'est un signal clair. Cela renforce l'idée que la borne inférieure effective restera un peu au-dessus de 0% pour garantir que le taux du marché au jour le jour reste en territoire positif. Un autre outil est le forward guidance pour signaler clairement la trajectoire des taux. Cela devrait permettre de contenir les taux d'intérêt à terme tant que la BOE reste crédible. Dans un contexte d'incertitude politique et de relations complexes avec l'UE, la trajectoire des taux pour les 2 prochaines années sera dictée par la BOE. Les taux longs resteront bas. Une décision de la BoE dès ce mois-ci serait prématurée, car les risques de Brexit sans accord se sont estompés. La BoE devrait attendre de voir dans quelle mesure la confiance des ménages et des entreprises a augmenté, après le vote, avant d’adopter de nouvelles mesures de relance.

Un flux de données britanniques décevantes a confirmé les préoccupations du MPC. Une surprise baissière ou des signes que les données ne s'améliorent pas devraient probablement cimenter les attentes d'une baisse de taux. Même si les données britanniques s'améliorent et que la BoE s'abstient de baisser les taux en janvier, le spectre d'une baisse dans les mois à venir (compte tenu du biais accommodant évident) ainsi que l'incertitude quant à la forme d'un accord commercial entre le Royaume-Uni et l'UE suggèrent que tout rebond du GBP devrait être contenu. Le fait que le positionnement spéculatif ne soit plus extrême (passant d'un short significatif à un short modeste) suggère également un potentiel de hausse limité pour le GBP.

 

Devises. Les marchés remettent en question la crédibilité de la BNS

Il est remarquable de noter comment le CHF s’est renforcé depuis la réunion de décembre de la BNS malgré la réduction des risques politiques. Une interprétation est que les marchés s'attendent à une période prolongée de faible inflation sans nouvelles baisses de taux. La BNS a maintenu sa politique monétaire inchangée en décembre à -0,75% et la maintiendra en mars. Elle a rappelé que le CHF est très surévalué et qu'elle est prête à intervenir sur le marché pour l'affaiblir, si besoin. Sur une base des PPA, il n'est surévalué que de 7%, ce qui n'est pas si extrême.

Cependant, une monnaie plus forte n'est pas la bienvenue car elle réduit tous ses efforts pour faire décoller l'inflation. Avec une inflation prévue à 0,1% en 2020, loin de son objectif et capable de tomber en dessous de 0% dans un scénario adverse, la BNS ne peut que maintenir ses taux en territoire négatif et lutter contre la cherté du CHF sur le marché des changes.

Bilan de la BNS - 24.01.20

Avec un retard de 3 mois, le rapport du Trésor américain sur les devises a été publié. Comme attendu, la Chine n’est plus qualifiée de manipulateur monétaire et l'attention s'est tournée vers d'autres pays. La Suisse est un cas intéressant. Répondant à la fois aux critères de commerce bilatéral et de compte courant, les interventions en devises de la BNS - plus probablement, après le récent rallye du CHF - pourraient justifier l'étiquette de manipulateur.

Cependant, certaines clarifications sont nécessaires. Premièrement, les achats de devises s'élèvent actuellement à 3 milliards de dollars, soit 0,5% du PIB. Ainsi, atteindre le seuil de 2% impliquerait un montant considérable de 12 milliards de dollars d'achats nets sur un an. Deuxièmement, le Trésor exige que les achats nets se produisent pendant au moins 6 des 12 mois couverts par le rapport. Ainsi, une intervention ponctuelle n'implique pas obligatoirement d’autres achats. Troisièmement, une éventuelle étiquette de manipulateur ne pourrait intervenir qu'en octobre 2020, lorsque le prochain rapport sera publié.

Allocation en devises du bilan de la BNS 24.01.20

Si l'économie suisse est touchée par un choc négatif ou si le CHF s'apprécie trop, la BNS pourrait être contrainte de baisser davantage son taux directeur, éventuellement à - 1,0%. Ce n'est pas notre scénario de base, mais le risque d'une baisse des taux d'intérêt reste très présent.

La BNS pourrait envisager de modifier son bilan, hors des actifs en USD au profit de ceux en EUR, pour minimiser les tensions américaines et soutenir l'EUR. Pour l'heure, la BNS détient 34% d’actifs libellés en USD et 40% en EUR. Selon la Confédération, en 2018, la Suisse a exporté 46% vers l'Europe et 16% vers les États-Unis, alors qu'elle a importé 64% en provenance d'Europe et seulement 8% des États- Unis. Même s’il a été judicieux de privilégier les actifs américains - compte tenu de leur surperformance - l'allocation des réserves de change s'écarte considérablement des échanges commerciaux.

Actions. Un nouveau membre dans le club des plus de $1'000 milliards

Alphabet a rejoint Apple et Microsoft dans le club des sociétés capitalisant plus de $1'000 à la bourse, mais au prix d’une forte hausse de leurs PE ratios, multipliés par 2 pour Apple et pour Microsoft en 2019. Amazon était passé audessus de $1'000 milliards en été 2018, pour revenir à $924 milliards aujourd’hui. Le poids d’Apple dans l’indice S&P 500 se situe à 4.7%, celui de Microsoft à 4.3%, Alphabet à 3.4% et Amazon à 3.2%. En incluant Facebook, les 5 premières valeurs du S&P 500 comptent pour 18% (12% en 2016) !

Capitalisation boursière des big four 24.01.20

Est-ce qu’une telle réévaluation des multiples est justifiée, à 24x 2020 pour Apple et 28x pour Alphabet et 29x Microsoft ? Les niveaux ne sont pas choquants pour des sociétés avec des taux de croissance annuels des profits 2017-2021e à 30% pour Alphabet, 27% Microsoft et 17% Apple. Elles sont également fortement génératrices de liquidités : $210 milliards pour Apple (malgré $175 milliards de rachats d’actions sur 2 ans !), $135 milliards pour Microsoft et $123 milliards pour Alphabet. Puis, elles, comme les autres de la technologie, entrent dans un nouveau cycle lié à la 5G qui devrait doper 1) les ventes de smartphones, de semi-conducteurs, d’objets connectés et de data centers, 2) le cloud et 3) la réalité augmentée.

PER estimés SnP 500, Apple, Google et Microsoft 24.01.20

A court terme, l’analyse technique montre une situation surachetée de l’indice FANG+ et d’Apple, alors qu’Alphabet et Microsoft flirtent avec le surachat.

Indice NYSE FANG 24.01.20

 

Matières 1ères. Le palladium et le rhodium affolent le marché

Le cours du palladium n’en finit plus de monter : +30% en 2020 à $2'500 l’once, après une hausse de 45% en 2019. Le rhodium affiche également une performance impressionnante en 2020 avec +47% à $9’500 l’once, après +134% en 2019.

Cours du palladium et cours du Rhodium 24.01.20

Le prix du Rhodium revient sur les plus haut de 2008 24.01.20

C’est une histoire fondamentale. La demande du secteur automobile a fortement augmenté en raison d’une législation plus contraignante sur les émissions de CO2, alors que l’offre est déficitaire. La majorité de la production de palladium (80%) et de rhodium (90%) est utilisée pour les pots catalytiques dans l’automobile.

Palladium. Evolution offre demande depuis 2016 24.01.20

Les constructeurs automobiles pourraient chercher une alternative moins onéreuse en remplaçant le palladium par le platine. Le platine n’est pas interchangeable à 1 pour 1, mais il a quelques caractéristiques similaires au palladium. Le platine est principalement utilisé dans les pots catalytiques pour les moteurs diesel, le palladium pour les moteurs essence. Mais cela pourrait prendre 2 années pour acquérir les certifications en utilisant le platine, en plus des coûts. Les constructeurs ne devraient donc pas arbitrer sur le platine, d’autant plus que les pots catalytiques ne représentent qu’une petite partie du coût total d’un véhicule. Par contre, il n’y a pas de substitut au rhodium, qui est un métal extrêmement rare.

Les 2 principaux producteurs de palladium sont la Russie (40% de la production mondiale) et l’Afrique du Sud (35%), suivis du Canada (10%). Pour le rhodium, l’Afrique du Sud est le principal producteur (82%), suivi de la Russie (10%), le Zimbabwe (5%) et le Canada (3%). La production annuelle de rhodium est de 20 tonnes avec des ressources très limitées, alors que la demande tournerait autour de 28 tonnes.

Techniquement, le rhodium et le palladium sont très surachetés, mais l’offre est limitée. Et les 2 métaux s’adressent aux industriels et non aux investisseurs. Les spécialistes s’accordent sur un prix plus élevé pour les 2 métaux précieux, avec une histoire fondamentale. Et après 16 mois de reculs de ventes de voitures aux Etats-Unis, en Europe et en Chine, les prix du palladium et du rhodium pourraient encore monter avec une reprise des ventes automobiles en raison d’une accentuation du déséquilibre offre/demande.

L’histoire fondamentale du palladium et du rhodium est solide. Mais nous serions tentés de jouer le rattrapage du platine, qui pourrait profiter des prix très élevés du palladium et d’une reprise des ventes de voitures.

Cross platine palladium 24.01.20

 

 

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